Bonjour Banane

Banane au crépuscule : Festin de couleurs

Un festin champêtre joyeux s’orne de cerises cerclées de banane, sous un ciel qui papote avec les dahlias et les lanternes jouant les romantiques.

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Toute histoire d’amour commence par un regard. Celle-ci commence par une banane. La légende se lit à voix basse : « Un festin champêtre joyeux s’orne de cerises cerclées de banane, sous un ciel qui papote avec les dahlias et les lanternes jouant les romantiques. » La banane, ici, est moins un fruit qu’un sentiment.

Deux présences semblent se répondre dans l’image, même quand il n’y en a qu’une. C’est la magie des grandes histoires : on y est toujours deux, ne serait-ce qu’avec soi-même. Le fruit regarde quelque chose que l’on ne voit pas, et l’on devine que ce quelque chose lui manque.

La scène a la lenteur des soirs où l’on ne veut pas que la nuit tombe. Tout y est retenu, suspendu, comme un je t’aime qu’on garde encore un peu dans la bouche avant de le dire. La banane, au centre, joue le rôle du cœur : elle bat sans bruit, mais elle bat.

On pourrait rester longtemps devant cette scène, comme on reste devant quelqu’un qu’on aime sans trouver les mots. Il y a dans ce jaune une chaleur de peau, une promesse de présence, quelque chose qui console sans qu’on sache de quoi. Le décor, lui, s’efface par délicatesse, comme un ami qui sent qu’il doit laisser la place. Et dans ce retrait pudique de tout ce qui n’est pas essentiel, il ne reste bientôt que le fruit et l’émotion, face à face, dans la lumière tiède d’un soir qu’on voudrait éternel.

On referme l’image à regret, comme on quitte quelqu’un sur un quai. Et longtemps, on sentira encore la chaleur de ce jaune contre soi.


Bonjour Banane