Bonjour Banane

Banane Fantôme

Sous une pluie de bananes flamboyantes, les héros gourmands dansent, défiant la gravité et les lois du fruité, dans un festin enchanté.

2 / 5. 1


Certaines photographies ne racontent pas une histoire : elles en suspendent le souffle. La légende, elle, tient en une ligne, et cette ligne suffit : « Sous une pluie de bananes flamboyantes, les héros gourmands dansent, défiant la gravité et les lois du fruité, dans un festin enchanté. » La banane, ici, n’est qu’un prétexte, un seuil.

On pourrait parler de nature morte, mais ce serait mentir : ici, tout respire. Le fruit, l’air, la lumière, l’ombre elle-même ont une pulsation lente. C’est une nature vivante qui joue à faire semblant d’être immobile, et qui n’y parvient pas tout à fait.

Il y a dans cette composition une patience de vieille pierre. Le temps semble s’être assis là, en silence, pour regarder le fruit comme on regarde une braise. Chaque détail paraît avoir attendu des siècles son instant, et cet instant, c’est maintenant, dans la lumière basse d’une fin de jour qui ne finit jamais.

Il y a, dans la manière dont la scène tient ensemble, une science discrète de l’équilibre. Rien ne pèse, rien ne tombe, tout flotte dans une apesanteur du sentiment. On pense à ces rêves où l’on avance sans effort, où les lois habituelles se desserrent, où un fruit peut devenir un astre et une ombre un océan. L’image ne demande pas qu’on y croie ; elle demande seulement qu’on la laisse exister, le temps d’un regard, comme on laisse exister une mélodie entendue dans une rue et qu’on ne retrouvera jamais.

Il ne reste bientôt plus que la lumière, et le souvenir d’un fruit qui savait, mieux que nous, ce que veut dire être là.


Bonjour Banane