Bonjour Banane

Banane au Paradis Terrestre

Dans un couloir de solitude, une banane s’avance, éclatante, défiant le sérieux, comme un éclat de rire dans le gris des murs.

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Il est des images qui ne se regardent pas : elles se respirent. Celle-ci en fait partie. La légende, elle, tient en une ligne, et cette ligne suffit : « Dans un couloir de solitude, une banane s’avance, éclatante, défiant le sérieux, comme un éclat de rire dans le gris des murs. » Ce que l’image donne à voir dépasse de loin son sujet.

Le jaune n’est plus une couleur, c’est un état d’âme. Il flotte, il doute, il espère. Autour de lui, le décor se dissout en nuances incertaines, comme si le réel hésitait à se tenir droit. Rien n’est tout à fait solide, rien n’est tout à fait rêve ; l’image habite cet entre-deux où les choses se souviennent d’avoir été vivantes.

Les contours tremblent légèrement, comme un souvenir qu’on essaie de retenir. Est-ce une mémoire ? Une promesse ? L’image ne tranche pas. Elle préfère laisser la question ouverte, suspendue entre deux battements, là où la beauté aime se cacher.

Prenez le temps de laisser l’œil errer d’un bord à l’autre du cadre. Vous verrez d’abord le fruit, puis l’espace qui l’entoure, puis l’espace entre les choses, et c’est souvent là, dans ces intervalles que personne ne regarde, que l’image cache ses secrets. Le vide n’y est jamais vraiment vide : il est habité d’attente, de lumière retenue, de silences qui ont une forme. On dirait que la banane a été posée là non pour être vue, mais pour apprendre à regarder le reste, pour servir de point fixe à un monde qui, autour d’elle, continue doucement de rêver.

À la fin, on ne garde pas une image : on garde un silence. Et ce silence, longtemps après, continue de jaunir doucement au fond de la mémoire.


Bonjour Banane