Bonjour Banane

Douceur éphémère

Dans la danse des heures, un croissant ensoleillé rêve de farandoles, suspendu entre bois et murmures d’un jour qui s’éveille.

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Il suffit parfois d’un fruit doré pour que le monde se mette à battre plus lentement. On la relit comme on relit une lettre : « Dans la danse des heures, un croissant ensoleillé rêve de farandoles, suspendu entre bois et murmures d’un jour qui s’éveille. » Ce que l’on ressent dépasse de loin ce que l’on voit.

Chaque détail semble avoir été posé là par une main amoureuse, soucieuse de ne froisser ni la lumière ni le silence. On devine une intention tendre derrière le cadrage, comme une table dressée pour quelqu’un qui va venir.

Le jaune, soudain, devient une couleur qui tient chaud. Il se pose sur la scène comme une main sur une épaule, discrètement, sans rien demander. Autour, tout s’adoucit : les angles s’arrondissent, les ombres se font duvet, et l’on jurerait que l’air lui-même a baissé d’un ton pour ne pas déranger.

Il faut imaginer la scène comme un rendez-vous que personne n’a osé annuler. Tout y est prêt, tout y attend : la lumière a mis sa plus belle robe, l’ombre s’est faite discrète, et le fruit, au centre, retient son souffle. On devine une histoire avant l’image et une autre après, et l’instant capturé n’est que le pont fragile entre les deux, ce moment suspendu où l’on ne sait pas encore si l’autre viendra, mais où l’on espère de toutes ses forces, et où cette espérance, à elle seule, suffit déjà à rendre le monde plus beau.

On referme l’image à regret, comme on quitte quelqu’un sur un quai. Et longtemps, on sentira encore la chaleur de ce jaune contre soi.


Bonjour Banane