Bonjour Banane

La Fête des Couleurs Éphémères

Un carnaval maison en plein swing, illuminé par des guirlandes étincelantes, baignant dans l’émerveillement des enfantins, sous une porte magiquement lumineuse.

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On croit d’abord voir un fruit. On finit par voir un monde. Si l’image avait une voix, elle dirait ceci : « Un carnaval maison en plein swing, illuminé par des guirlandes étincelantes, baignant dans l’émerveillement des enfantins, sous une porte magiquement lumineuse. » Ce que l’image donne à voir dépasse de loin son sujet.

La couleur se fait musique, et le silence, partition. On n’entend rien, et pourtant quelque chose résonne, une note tenue trop longtemps pour être tout à fait rassurante. C’est le genre d’image qui s’écoute autant qu’elle se regarde.

Le jaune n’est plus une couleur, c’est un état d’âme. Il flotte, il doute, il espère. Autour de lui, le décor se dissout en nuances incertaines, comme si le réel hésitait à se tenir droit. Rien n’est tout à fait solide, rien n’est tout à fait rêve ; l’image habite cet entre-deux où les choses se souviennent d’avoir été vivantes.

Il y a, dans la manière dont la scène tient ensemble, une science discrète de l’équilibre. Rien ne pèse, rien ne tombe, tout flotte dans une apesanteur du sentiment. On pense à ces rêves où l’on avance sans effort, où les lois habituelles se desserrent, où un fruit peut devenir un astre et une ombre un océan. L’image ne demande pas qu’on y croie ; elle demande seulement qu’on la laisse exister, le temps d’un regard, comme on laisse exister une mélodie entendue dans une rue et qu’on ne retrouvera jamais.

Il ne reste bientôt plus que la lumière, et le souvenir d’un fruit qui savait, mieux que nous, ce que veut dire être là.


Bonjour Banane

septembre 2024
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