Bonjour Banane

L’Équilibre Éphémère

Dans une chambre où le temps s’épluche comme une banane, les rêves se sauvent en vertige, laissant du sable doré sur l’oreiller. Qui a dit que le temps était sérieux ?

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On croit d’abord voir un fruit. On finit par voir un monde. Si l’image avait une voix, elle dirait ceci : « Dans une chambre où le temps s’épluche comme une banane, les rêves se sauvent en vertige, laissant du sable doré sur l’oreiller. Qui a dit que le temps était sérieux ?. » Tout, dans ce cadre, concourt à la même impression de suspension.

Les contours tremblent légèrement, comme un souvenir qu’on essaie de retenir. Est-ce une mémoire ? Une promesse ? L’image ne tranche pas. Elle préfère laisser la question ouverte, suspendue entre deux battements, là où la beauté aime se cacher.

La solitude du fruit n’a rien de triste : elle a la dignité des choses qui se suffisent. Autour, le vide fait office de cadre, et ce vide, loin d’écraser, élève. On comprend que la banane n’attend personne ; elle est déjà au rendez-vous d’elle-même.

Prenez le temps de laisser l’œil errer d’un bord à l’autre du cadre. Vous verrez d’abord le fruit, puis l’espace qui l’entoure, puis l’espace entre les choses, et c’est souvent là, dans ces intervalles que personne ne regarde, que l’image cache ses secrets. Le vide n’y est jamais vraiment vide : il est habité d’attente, de lumière retenue, de silences qui ont une forme. On dirait que la banane a été posée là non pour être vue, mais pour apprendre à regarder le reste, pour servir de point fixe à un monde qui, autour d’elle, continue doucement de rêver.

On repart sans avoir tout compris, et c’est tant mieux : les plus belles images sont celles qui gardent pour elles une part de leur mystère.


Bonjour Banane

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