Il faut une certaine audace pour prendre une banane aussi au sérieux. Bonne nouvelle : nous l’avons. Et ce n’est pas nous qui le disons, c’est la légende : « Dans un palais de bois veuf, une banane géante rêve de concert, bercée par des draps froissés et un miroir fissuré, l’élégance du fruit insolent. 🍌✨. » Tout, dans ce cadre, pousse le bouchon un peu plus loin.
Il faut reconnaître à la scène un sens consommé du spectacle. Rien n’est laissé au hasard, pas même l’absurde, qui est ici parfaitement dosé. On frôle le ridicule, on l’évite d’un cheveu, et c’est dans ce frisson que tout le plaisir se joue.
Entendons-nous bien : c’est une banane. Un fruit mou, jaune, que l’on épluche d’une main en pensant à autre chose. Et pourtant, la voilà promue vedette, éclairée comme une star, cadrée comme un chef-d’œuvre. La modestie n’étouffe personne, et surtout pas elle.
Il faut saluer, au passage, le culot de la mise en scène. Là où un fruit raisonnable se serait contenté de poser sagement dans une corbeille, celui-ci a visiblement exigé un décor, une ambiance, un propos. On imagine les négociations : la banane réclamant sa loge, son éclairage personnel, une clause interdisant tout voisinage avec une pomme. Le résultat a cette démesure réjouissante des projets qui auraient dû être recadrés très tôt et que, par chance, personne n’a eu le courage d’arrêter. Tant mieux pour nous.
En résumé : une banane, un décor, et beaucoup trop de sérieux. C’est exactement pour ça qu’on l’adore.

