Bonjour Banane

Banane au crépuscule : un festin d’or

Sous le soleil couchant, une banane solitaire rêve d’un dîner étoilé, persuadée d’être la vedette d’une comédie fruitée.

4 / 5. 1


Regardez longtemps, et le fruit cesse d’être un fruit pour devenir une question. Si l’image avait une voix, elle dirait ceci : « Sous le soleil couchant, une banane solitaire rêve d’un dîner étoilé, persuadée d’être la vedette d’une comédie fruitée. » Tout, dans ce cadre, concourt à la même impression de suspension.

Il y a dans cette composition une patience de vieille pierre. Le temps semble s’être assis là, en silence, pour regarder le fruit comme on regarde une braise. Chaque détail paraît avoir attendu des siècles son instant, et cet instant, c’est maintenant, dans la lumière basse d’une fin de jour qui ne finit jamais.

La solitude du fruit n’a rien de triste : elle a la dignité des choses qui se suffisent. Autour, le vide fait office de cadre, et ce vide, loin d’écraser, élève. On comprend que la banane n’attend personne ; elle est déjà au rendez-vous d’elle-même.

Ce qui frappe, à la longue, c’est la tendresse de la lumière pour son sujet. Elle ne cherche pas à flatter ; elle cherche à comprendre. Elle épouse les courbes, s’attarde aux creux, respecte les ombres comme on respecte un silence pendant une confidence. Sous cet éclairage, le fruit le plus banal du monde acquiert une gravité d’icône, et l’on se surprend à lui prêter une pensée, un passé, peut-être même une forme de patience face à tout ce qui, autour de lui, s’agite et s’efface.

À la fin, on ne garde pas une image : on garde un silence. Et ce silence, longtemps après, continue de jaunir doucement au fond de la mémoire.


Bonjour Banane

novembre 2024
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