Prévenez les musées : il va falloir faire de la place. Et ce n’est pas nous qui le disons, c’est la légende : « Un trou de serrure, et voilà une banane en mode superstar, illuminant l’obscurité comme une fête d’anniversaire où les bougies sont des étoiles. Éblouissant ! 🍌✨. » Ce que l’image donne à voir dépasse — et de loin — le cahier des charges d’un fruit.
Le décor, lui, en fait des tonnes, comme s’il avait quelque chose à prouver. Chaque élément semble dire : regardez, moi aussi j’ai droit à ma minute de gloire. Résultat : une scène où tout le monde surjoue, fruit compris, et où l’on ne sait plus trop s’il faut applaudir ou rire.
À ce niveau de solennité, on attend presque un discours. « Mes chers concitoyens fruits… » La banane, elle, garde le silence, ce qui est encore la meilleure des répliques. Un fruit qui se tait avec cette assurance, cela ne s’invente pas.
Il faut saluer, au passage, le culot de la mise en scène. Là où un fruit raisonnable se serait contenté de poser sagement dans une corbeille, celui-ci a visiblement exigé un décor, une ambiance, un propos. On imagine les négociations : la banane réclamant sa loge, son éclairage personnel, une clause interdisant tout voisinage avec une pomme. Le résultat a cette démesure réjouissante des projets qui auraient dû être recadrés très tôt et que, par chance, personne n’a eu le courage d’arrêter. Tant mieux pour nous.
La rédaction, elle, retourne à sa propre banane de bureau, nettement moins photogénique, mais tout aussi digne.

