Bonjour Banane

Banane, roi de la forêt

Dans un bois enchanté, une banane rêve sous un rayon de soleil, tandis que les oiseaux murmurent des secrets au vent. Nature farceuse, bleue et bienheureuse.

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Il suffit parfois d’un fruit doré pour que le monde se mette à battre plus lentement. Et puis il y a cette phrase, douce comme un aveu : « Dans un bois enchanté, une banane rêve sous un rayon de soleil, tandis que les oiseaux murmurent des secrets au vent. Nature farceuse, bleue et bienheureuse. » Ce que l’on ressent dépasse de loin ce que l’on voit.

Le jaune, soudain, devient une couleur qui tient chaud. Il se pose sur la scène comme une main sur une épaule, discrètement, sans rien demander. Autour, tout s’adoucit : les angles s’arrondissent, les ombres se font duvet, et l’on jurerait que l’air lui-même a baissé d’un ton pour ne pas déranger.

La scène a la lenteur des soirs où l’on ne veut pas que la nuit tombe. Tout y est retenu, suspendu, comme un je t’aime qu’on garde encore un peu dans la bouche avant de le dire. La banane, au centre, joue le rôle du cœur : elle bat sans bruit, mais elle bat.

On pourrait rester longtemps devant cette scène, comme on reste devant quelqu’un qu’on aime sans trouver les mots. Il y a dans ce jaune une chaleur de peau, une promesse de présence, quelque chose qui console sans qu’on sache de quoi. Le décor, lui, s’efface par délicatesse, comme un ami qui sent qu’il doit laisser la place. Et dans ce retrait pudique de tout ce qui n’est pas essentiel, il ne reste bientôt que le fruit et l’émotion, face à face, dans la lumière tiède d’un soir qu’on voudrait éternel.

Peut-être n’est-ce qu’une banane. Mais ce soir, c’est la plus tendre chose du monde, et cela suffit amplement.


Bonjour Banane