Bonjour Banane

Une banane simple

Courbée comme un sourire, dorée comme un rayon de soleil, elle attend, prête à glisser le goût sucré de l’été dans nos rêves.

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Avant les mots, il y a le silence de l’image. Et dans ce silence, une banane. Tout est déjà dit dans cette phrase que l’image murmure : « Courbée comme un sourire, dorée comme un rayon de soleil, elle attend, prête à glisser le goût sucré de l’été dans nos rêves. » Ce que l’image donne à voir dépasse de loin son sujet.

Le jaune n’est plus une couleur, c’est un état d’âme. Il flotte, il doute, il espère. Autour de lui, le décor se dissout en nuances incertaines, comme si le réel hésitait à se tenir droit. Rien n’est tout à fait solide, rien n’est tout à fait rêve ; l’image habite cet entre-deux où les choses se souviennent d’avoir été vivantes.

On pourrait parler de nature morte, mais ce serait mentir : ici, tout respire. Le fruit, l’air, la lumière, l’ombre elle-même ont une pulsation lente. C’est une nature vivante qui joue à faire semblant d’être immobile, et qui n’y parvient pas tout à fait.

Ce qui frappe, à la longue, c’est la tendresse de la lumière pour son sujet. Elle ne cherche pas à flatter ; elle cherche à comprendre. Elle épouse les courbes, s’attarde aux creux, respecte les ombres comme on respecte un silence pendant une confidence. Sous cet éclairage, le fruit le plus banal du monde acquiert une gravité d’icône, et l’on se surprend à lui prêter une pensée, un passé, peut-être même une forme de patience face à tout ce qui, autour de lui, s’agite et s’efface.

On repart sans avoir tout compris, et c’est tant mieux : les plus belles images sont celles qui gardent pour elles une part de leur mystère.


Bonjour Banane