Bonjour Banane

Banane Solitaire

Sous un ciel qui s'éveille en mauve, une banane solitaire rêve sur son lit de papier, espérant un sourire, ou peut-être une danse.

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Il est des images qui ne se regardent pas : elles se respirent. Celle-ci en fait partie. Tout est déjà dit dans cette phrase que l’image murmure : « Sous un ciel qui s’éveille en mauve, une banane solitaire rêve sur son lit de papier, espérant un sourire, ou peut-être une danse. » Tout, dans ce cadre, concourt à la même impression de suspension.

La couleur se fait musique, et le silence, partition. On n’entend rien, et pourtant quelque chose résonne, une note tenue trop longtemps pour être tout à fait rassurante. C’est le genre d’image qui s’écoute autant qu’elle se regarde.

Il y a dans cette composition une patience de vieille pierre. Le temps semble s’être assis là, en silence, pour regarder le fruit comme on regarde une braise. Chaque détail paraît avoir attendu des siècles son instant, et cet instant, c’est maintenant, dans la lumière basse d’une fin de jour qui ne finit jamais.

Il y a, dans la manière dont la scène tient ensemble, une science discrète de l’équilibre. Rien ne pèse, rien ne tombe, tout flotte dans une apesanteur du sentiment. On pense à ces rêves où l’on avance sans effort, où les lois habituelles se desserrent, où un fruit peut devenir un astre et une ombre un océan. L’image ne demande pas qu’on y croie ; elle demande seulement qu’on la laisse exister, le temps d’un regard, comme on laisse exister une mélodie entendue dans une rue et qu’on ne retrouvera jamais.

Il ne reste bientôt plus que la lumière, et le souvenir d’un fruit qui savait, mieux que nous, ce que veut dire être là.


Bonjour Banane