Bonjour Banane
Une banane sur un plateau dore entouree de flacons de parfum de luxe

La banane, nouveau nez du luxe

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans les couloirs feutrés de la parfumerie française : la banane serait la note olfactive de 2027. Oui, la banane. Celle qu’on épluche au petit-déjeuner, celle qui finit écrasée au fond du sac à dos, celle qui fait glisser les clowns. Cette banane-là veut désormais vous faire sentir bon.

Quand Grasse rencontre la Guadeloupe

Tout a commencé lors du dernier salon Esxence à Milan, où trois maisons de niche ont présenté des jus à dominante banane. « On cherchait une note à la fois gourmande, solaire et déconcertante », explique Jean-Marc Fulbert, nez indépendant basé à Grasse. « La banane coche toutes les cases. Et puis, soyons honnêtes, on avait fait le tour de l’oud. »

La molécule star s’appelle l’acétate d’isoamyle. Les chimistes la connaissent depuis un siècle, les confiseurs aussi. C’est elle qui donne aux bonbons leur goût banane un peu artificiel. Mais travaillée avec subtilité, infusée dans un accord boisé ou cuiré, elle dévoile des facettes insoupçonnées. Du moins, c’est ce qu’affirment les communiqués de presse.

250 euros le flacon, peau de banane non incluse

Le premier à dégainer a été la maison Lunaris, avec « Peel », un eau de parfum à 250 euros les 50 ml. Le pitch : « Un voyage sensoriel du marché de Rungis aux plantations du Costa Rica. » Sur le papier, on note de la banane verte en tête, du vétiver en coeur et du musc blanc en fond. En pratique, plusieurs testeurs ont comparé l’expérience à « un smoothie renversé dans un taxi parisien ». La maison assume : « Le luxe, c’est aussi l’audace. »

Chez Diptyque, on murmure qu’une bougie « Bananeraie » serait en préparation pour le printemps. Hermès aurait commandé une étude de faisabilité. Et une source chez LVMH jure que « le sujet banane est sur la table », sans préciser s’il s’agit de parfumerie ou de la cantine du siège.

Les influenceurs en ont déjà plein le nez

Sur TikTok, le hashtag #BananaPerfume cumule 14 millions de vues. Des créateurs se filment en train de frotter une peau de banane sur leurs poignets, jurant que « c’est exactement pareil que chez Lunaris, en moins cher ». D’autres proposent des dupes à base d’arôme alimentaire et de vodka. Le résultat, paraît-il, tient trois minutes et attire les mouches.

Les puristes, eux, grincent des dents. « La parfumerie traverse une crise d’identité », soupire Mathilde Aubert, critique olfactive au magazine Nez. « Après la vanille omniprésente et le pralin à tous les étages, la banane n’est que le symptôme d’une industrie qui confond gourmandise et gastronomie. »

Et maintenant ?

En attendant que la tendance confirme ou s’essouffle, un conseil : si quelqu’un vous dit que vous sentez la banane, vérifiez d’abord que ce n’est pas un compliment. Le monde du luxe a décidé que oui. Votre entourage n’est peut-être pas encore au courant.

La rédaction de Bonjour Banane rappelle qu’aucune banane n’a été maltraitée lors de la rédaction de cet article. En revanche, plusieurs ont été mangées.