Bonjour Banane

Banane Royale

Sous un ciel d'or et de royauté, une banane couronnée s'adresse à l'assemblée des perruques, le rire des fruits résonne en échos majestueux.

3 / 5. 1


On croit d’abord voir un fruit. On finit par voir un monde. Si l’image avait une voix, elle dirait ceci : « Sous un ciel d’or et de royauté, une banane couronnée s’adresse à l’assemblée des perruques, le rire des fruits résonne en échos majestueux. » La banane, ici, n’est qu’un prétexte, un seuil.

La couleur se fait musique, et le silence, partition. On n’entend rien, et pourtant quelque chose résonne, une note tenue trop longtemps pour être tout à fait rassurante. C’est le genre d’image qui s’écoute autant qu’elle se regarde.

Il y a dans cette composition une patience de vieille pierre. Le temps semble s’être assis là, en silence, pour regarder le fruit comme on regarde une braise. Chaque détail paraît avoir attendu des siècles son instant, et cet instant, c’est maintenant, dans la lumière basse d’une fin de jour qui ne finit jamais.

Prenez le temps de laisser l’œil errer d’un bord à l’autre du cadre. Vous verrez d’abord le fruit, puis l’espace qui l’entoure, puis l’espace entre les choses, et c’est souvent là, dans ces intervalles que personne ne regarde, que l’image cache ses secrets. Le vide n’y est jamais vraiment vide : il est habité d’attente, de lumière retenue, de silences qui ont une forme. On dirait que la banane a été posée là non pour être vue, mais pour apprendre à regarder le reste, pour servir de point fixe à un monde qui, autour d’elle, continue doucement de rêver.

À la fin, on ne garde pas une image : on garde un silence. Et ce silence, longtemps après, continue de jaunir doucement au fond de la mémoire.


Bonjour Banane