Bonjour Banane

Banane dans la Futurité

Dans un monde numérique, une banane tranquille, étoile décalée parmi les ombres futuristes, rêve d'une danse au cœur des néons.

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Il est des images qui ne se regardent pas : elles se respirent. Celle-ci en fait partie. La légende, elle, tient en une ligne, et cette ligne suffit : « Dans un monde numérique, une banane tranquille, étoile décalée parmi les ombres futuristes, rêve d’une danse au cœur des néons. » Ce que l’image donne à voir dépasse de loin son sujet.

Les contours tremblent légèrement, comme un souvenir qu’on essaie de retenir. Est-ce une mémoire ? Une promesse ? L’image ne tranche pas. Elle préfère laisser la question ouverte, suspendue entre deux battements, là où la beauté aime se cacher.

La solitude du fruit n’a rien de triste : elle a la dignité des choses qui se suffisent. Autour, le vide fait office de cadre, et ce vide, loin d’écraser, élève. On comprend que la banane n’attend personne ; elle est déjà au rendez-vous d’elle-même.

Il y a, dans la manière dont la scène tient ensemble, une science discrète de l’équilibre. Rien ne pèse, rien ne tombe, tout flotte dans une apesanteur du sentiment. On pense à ces rêves où l’on avance sans effort, où les lois habituelles se desserrent, où un fruit peut devenir un astre et une ombre un océan. L’image ne demande pas qu’on y croie ; elle demande seulement qu’on la laisse exister, le temps d’un regard, comme on laisse exister une mélodie entendue dans une rue et qu’on ne retrouvera jamais.

On repart sans avoir tout compris, et c’est tant mieux : les plus belles images sont celles qui gardent pour elles une part de leur mystère.


Bonjour Banane