Bonjour Banane

Énigme Tropicale

Dans un coin de ciel, une banane rêve, effleurée par les vagues bleues, gardienne d'un été suspendu, sourire en coin sous les nuages.

5 / 5. 1


Avant les mots, il y a le silence de l’image. Et dans ce silence, une banane. La légende, elle, tient en une ligne, et cette ligne suffit : « Dans un coin de ciel, une banane rêve, effleurée par les vagues bleues, gardienne d’un été suspendu, sourire en coin sous les nuages. » La banane, ici, n’est qu’un prétexte, un seuil.

La couleur se fait musique, et le silence, partition. On n’entend rien, et pourtant quelque chose résonne, une note tenue trop longtemps pour être tout à fait rassurante. C’est le genre d’image qui s’écoute autant qu’elle se regarde.

La solitude du fruit n’a rien de triste : elle a la dignité des choses qui se suffisent. Autour, le vide fait office de cadre, et ce vide, loin d’écraser, élève. On comprend que la banane n’attend personne ; elle est déjà au rendez-vous d’elle-même.

Ce qui frappe, à la longue, c’est la tendresse de la lumière pour son sujet. Elle ne cherche pas à flatter ; elle cherche à comprendre. Elle épouse les courbes, s’attarde aux creux, respecte les ombres comme on respecte un silence pendant une confidence. Sous cet éclairage, le fruit le plus banal du monde acquiert une gravité d’icône, et l’on se surprend à lui prêter une pensée, un passé, peut-être même une forme de patience face à tout ce qui, autour de lui, s’agite et s’efface.

Il ne reste bientôt plus que la lumière, et le souvenir d’un fruit qui savait, mieux que nous, ce que veut dire être là.


Bonjour Banane