Bonjour Banane

Banane Mystique en Forêt

Dans un bois murmure un fruit ensoleillé, l’absurde ballet des ombres s’entrelace avec la lumière, et la verdure s'incline devant la folie douce.

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Il suffit parfois d’un fruit doré pour que le monde se mette à battre plus lentement. Et puis il y a cette phrase, douce comme un aveu : « Dans un bois murmure un fruit ensoleillé, l’absurde ballet des ombres s’entrelace avec la lumière, et la verdure s’incline devant la folie douce. » Ce que l’on ressent dépasse de loin ce que l’on voit.

Le jaune, soudain, devient une couleur qui tient chaud. Il se pose sur la scène comme une main sur une épaule, discrètement, sans rien demander. Autour, tout s’adoucit : les angles s’arrondissent, les ombres se font duvet, et l’on jurerait que l’air lui-même a baissé d’un ton pour ne pas déranger.

On pense à ces amours qui n’ont pas besoin de grands gestes. Un fruit, une lumière, un décor qui s’efface pudiquement : il n’en faut pas plus pour que naisse l’émotion. L’image ne crie pas son romantisme, elle le murmure, et c’est pour cela qu’on la croit.

Il faut imaginer la scène comme un rendez-vous que personne n’a osé annuler. Tout y est prêt, tout y attend : la lumière a mis sa plus belle robe, l’ombre s’est faite discrète, et le fruit, au centre, retient son souffle. On devine une histoire avant l’image et une autre après, et l’instant capturé n’est que le pont fragile entre les deux, ce moment suspendu où l’on ne sait pas encore si l’autre viendra, mais où l’on espère de toutes ses forces, et où cette espérance, à elle seule, suffit déjà à rendre le monde plus beau.

Il y a des fruits qu’on mange et des fruits qu’on aime. Celui-ci, décidément, appartient à la seconde catégorie.


Bonjour Banane