Bonjour Banane

Banane: Fruit de la Renaissance

Sous un ciel ancien, un héros impassible se dresse, tandis qu'une banane titanesque, au sourire ensoleillé, danse dans l'écho des marchés vibrant.

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Regardez longtemps, et le fruit cesse d’être un fruit pour devenir une question. La légende, elle, tient en une ligne, et cette ligne suffit : « Sous un ciel ancien, un héros impassible se dresse, tandis qu’une banane titanesque, au sourire ensoleillé, danse dans l’écho des marchés vibrant. » Tout, dans ce cadre, concourt à la même impression de suspension.

La couleur se fait musique, et le silence, partition. On n’entend rien, et pourtant quelque chose résonne, une note tenue trop longtemps pour être tout à fait rassurante. C’est le genre d’image qui s’écoute autant qu’elle se regarde.

On devine, derrière le fruit, la trace d’un paysage qui n’existe que pour lui. Les lignes fuient, les ombres s’étirent, la perspective se plie au bon vouloir du songe. C’est une géographie du sentiment plus que du monde, une carte dessinée par quelqu’un qui aurait oublié où il allait, mais pas pourquoi.

Il y a, dans la manière dont la scène tient ensemble, une science discrète de l’équilibre. Rien ne pèse, rien ne tombe, tout flotte dans une apesanteur du sentiment. On pense à ces rêves où l’on avance sans effort, où les lois habituelles se desserrent, où un fruit peut devenir un astre et une ombre un océan. L’image ne demande pas qu’on y croie ; elle demande seulement qu’on la laisse exister, le temps d’un regard, comme on laisse exister une mélodie entendue dans une rue et qu’on ne retrouvera jamais.

À la fin, on ne garde pas une image : on garde un silence. Et ce silence, longtemps après, continue de jaunir doucement au fond de la mémoire.


Bonjour Banane