Bonjour Banane

Rêveries sous-marines

Dans l'océan bleu, une banane aspire aux bulles, argentée d'un œil curieux, comme un poisson rêvant d'aventures sucrées.

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Il est des images qui ne se regardent pas : elles se respirent. Celle-ci en fait partie. La légende, elle, tient en une ligne, et cette ligne suffit : « Dans l’océan bleu, une banane aspire aux bulles, argentée d’un œil curieux, comme un poisson rêvant d’aventures sucrées. » Tout, dans ce cadre, concourt à la même impression de suspension.

Les contours tremblent légèrement, comme un souvenir qu’on essaie de retenir. Est-ce une mémoire ? Une promesse ? L’image ne tranche pas. Elle préfère laisser la question ouverte, suspendue entre deux battements, là où la beauté aime se cacher.

Il y a dans cette composition une patience de vieille pierre. Le temps semble s’être assis là, en silence, pour regarder le fruit comme on regarde une braise. Chaque détail paraît avoir attendu des siècles son instant, et cet instant, c’est maintenant, dans la lumière basse d’une fin de jour qui ne finit jamais.

Il y a, dans la manière dont la scène tient ensemble, une science discrète de l’équilibre. Rien ne pèse, rien ne tombe, tout flotte dans une apesanteur du sentiment. On pense à ces rêves où l’on avance sans effort, où les lois habituelles se desserrent, où un fruit peut devenir un astre et une ombre un océan. L’image ne demande pas qu’on y croie ; elle demande seulement qu’on la laisse exister, le temps d’un regard, comme on laisse exister une mélodie entendue dans une rue et qu’on ne retrouvera jamais.

Demain, une autre image prendra sa place. Mais celle-ci, discrètement, aura laissé une empreinte, comme un parfum sur un vêtement rangé.


Bonjour Banane