Bonjour Banane

Fruits du Crépuscule

Bouquet conquérant d’un festin champêtre, miroitant sous un coucher de soleil coquin, le tout savamment chorégraphié sur une nappe à carreaux bavardant avec des fruits affamés!

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Il faut une certaine audace pour prendre une banane aussi au sérieux. Bonne nouvelle : nous l’avons. Et ce n’est pas nous qui le disons, c’est la légende : « Bouquet conquérant d’un festin champêtre, miroitant sous un coucher de soleil coquin, le tout savamment chorégraphié sur une nappe à carreaux bavardant avec des fruits affamés!. » Ce que l’image donne à voir dépasse — et de loin — le cahier des charges d’un fruit.

Il faut reconnaître à la scène un sens consommé du spectacle. Rien n’est laissé au hasard, pas même l’absurde, qui est ici parfaitement dosé. On frôle le ridicule, on l’évite d’un cheveu, et c’est dans ce frisson que tout le plaisir se joue.

À ce niveau de solennité, on attend presque un discours. « Mes chers concitoyens fruits… » La banane, elle, garde le silence, ce qui est encore la meilleure des répliques. Un fruit qui se tait avec cette assurance, cela ne s’invente pas.

Essayons de garder notre sérieux, ce qui, avouons-le, relève ici de l’exploit. Car plus on regarde la scène, plus on sent monter cette petite voix intérieure qui chuchote : « tout ça pour une banane ? ». Et la réponse, magnifiquement, est oui. Oui, tout ça pour une banane. Le cadrage héroïque, l’éclairage de cathédrale, la gravité de l’ensemble : rien ne lui sera épargné. Le fruit, fidèle à lui-même, encaisse la gloire sans broncher, avec ce flegme particulier des stars qui savent que, de toute façon, demain un autre fruit prendra leur place.

Moralité : ne sous-estimez jamais une banane. Elle en a vu d’autres, et elle compte bien vous le faire savoir.


Bonjour Banane