Bonjour Banane

Banane Étrangement Sculptée

Dans un monde décalé, une banane se métamorphose, ornée de rondelles dorées, comme une étoile piquante au sommet d’un tertre gourmand.

3 / 5. 1


Il est des images qui ne se regardent pas : elles se respirent. Celle-ci en fait partie. Tout est déjà dit dans cette phrase que l’image murmure : « Dans un monde décalé, une banane se métamorphose, ornée de rondelles dorées, comme une étoile piquante au sommet d’un tertre gourmand. » Tout, dans ce cadre, concourt à la même impression de suspension.

Le jaune n’est plus une couleur, c’est un état d’âme. Il flotte, il doute, il espère. Autour de lui, le décor se dissout en nuances incertaines, comme si le réel hésitait à se tenir droit. Rien n’est tout à fait solide, rien n’est tout à fait rêve ; l’image habite cet entre-deux où les choses se souviennent d’avoir été vivantes.

Il y a dans cette composition une patience de vieille pierre. Le temps semble s’être assis là, en silence, pour regarder le fruit comme on regarde une braise. Chaque détail paraît avoir attendu des siècles son instant, et cet instant, c’est maintenant, dans la lumière basse d’une fin de jour qui ne finit jamais.

Ce qui frappe, à la longue, c’est la tendresse de la lumière pour son sujet. Elle ne cherche pas à flatter ; elle cherche à comprendre. Elle épouse les courbes, s’attarde aux creux, respecte les ombres comme on respecte un silence pendant une confidence. Sous cet éclairage, le fruit le plus banal du monde acquiert une gravité d’icône, et l’on se surprend à lui prêter une pensée, un passé, peut-être même une forme de patience face à tout ce qui, autour de lui, s’agite et s’efface.

On repart sans avoir tout compris, et c’est tant mieux : les plus belles images sont celles qui gardent pour elles une part de leur mystère.


Bonjour Banane