Bonjour Banane

Banane dans les ruines

Sous un ciel de feu, un fruit lumineux, témoin sur l'asphalte des rêves fanés, éclaire le chaos d'un monde en ruines.

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Attention, image sérieuse. Enfin, presque. Et ce n’est pas nous qui le disons, c’est la légende : « Sous un ciel de feu, un fruit lumineux, témoin sur l’asphalte des rêves fanés, éclaire le chaos d’un monde en ruines. » Tout, dans ce cadre, pousse le bouchon un peu plus loin.

On cherche le second degré, et on le trouve ; puis on cherche le premier, et il est là aussi, bien planqué sous la pelure. C’est une banane à tiroirs, et chaque tiroir contient une blague un peu plus fine que la précédente.

Quelque part, un critique d’art fronce les sourcils. Quelque part, un enfant éclate de rire. Les deux ont raison, et c’est tout l’intérêt : cette image refuse de choisir entre le sérieux et la farce, et elle a bien raison de ne pas choisir.

Essayons de garder notre sérieux, ce qui, avouons-le, relève ici de l’exploit. Car plus on regarde la scène, plus on sent monter cette petite voix intérieure qui chuchote : « tout ça pour une banane ? ». Et la réponse, magnifiquement, est oui. Oui, tout ça pour une banane. Le cadrage héroïque, l’éclairage de cathédrale, la gravité de l’ensemble : rien ne lui sera épargné. Le fruit, fidèle à lui-même, encaisse la gloire sans broncher, avec ce flegme particulier des stars qui savent que, de toute façon, demain un autre fruit prendra leur place.

En résumé : une banane, un décor, et beaucoup trop de sérieux. C’est exactement pour ça qu’on l’adore.


Bonjour Banane