Bonjour Banane

Banana Ski Slalom!

Un banane intrépide, coiffée de miel, dévale les pentes enjouées des neiges, tandis que les skieurs l’applaudissent, confondus et amusés.

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Prévenez les musées : il va falloir faire de la place. La légende officielle, tenez-vous bien, c’est : « Un banane intrépide, coiffée de miel, dévale les pentes enjouées des neiges, tandis que les skieurs l’applaudissent, confondus et amusés. » Tout, dans ce cadre, pousse le bouchon un peu plus loin.

On imagine volontiers les coulisses : la banane qui répète son texte, la lumière qui boude parce qu’elle voulait un melon, le fond qui improvise. Le génie de l’image, c’est de prendre tout cela très au sérieux, ce qui est évidemment la façon la plus sûre de nous faire sourire.

Il faut reconnaître à la scène un sens consommé du spectacle. Rien n’est laissé au hasard, pas même l’absurde, qui est ici parfaitement dosé. On frôle le ridicule, on l’évite d’un cheveu, et c’est dans ce frisson que tout le plaisir se joue.

Essayons de garder notre sérieux, ce qui, avouons-le, relève ici de l’exploit. Car plus on regarde la scène, plus on sent monter cette petite voix intérieure qui chuchote : « tout ça pour une banane ? ». Et la réponse, magnifiquement, est oui. Oui, tout ça pour une banane. Le cadrage héroïque, l’éclairage de cathédrale, la gravité de l’ensemble : rien ne lui sera épargné. Le fruit, fidèle à lui-même, encaisse la gloire sans broncher, avec ce flegme particulier des stars qui savent que, de toute façon, demain un autre fruit prendra leur place.

En résumé : une banane, un décor, et beaucoup trop de sérieux. C’est exactement pour ça qu’on l’adore.


Bonjour Banane