Bonjour Banane

Bananes en réunion clandestine

Sur l’herbe verte, un croissant ensoleillé rêve d’un smoothie, tandis que la brise murmure des rêves de périples tropicaux.

3 / 5. 1


On dit que les fruits n’ont pas de cœur. Cette image prouve le contraire. On la relit comme on relit une lettre : « Sur l’herbe verte, un croissant ensoleillé rêve d’un smoothie, tandis que la brise murmure des rêves de périples tropicaux. » La banane, ici, est moins un fruit qu’un sentiment.

Chaque détail semble avoir été posé là par une main amoureuse, soucieuse de ne froisser ni la lumière ni le silence. On devine une intention tendre derrière le cadrage, comme une table dressée pour quelqu’un qui va venir.

Il flotte un parfum d’ailleurs dans cette composition, celui des promesses faites à voix basse. On y lit l’envie d’un départ et la peur d’un adieu, mêlées comme elles le sont toujours quand on aime vraiment. Le fruit, lui, reste : fidèle, patient, doré.

Il faut imaginer la scène comme un rendez-vous que personne n’a osé annuler. Tout y est prêt, tout y attend : la lumière a mis sa plus belle robe, l’ombre s’est faite discrète, et le fruit, au centre, retient son souffle. On devine une histoire avant l’image et une autre après, et l’instant capturé n’est que le pont fragile entre les deux, ce moment suspendu où l’on ne sait pas encore si l’autre viendra, mais où l’on espère de toutes ses forces, et où cette espérance, à elle seule, suffit déjà à rendre le monde plus beau.

Il y a des fruits qu’on mange et des fruits qu’on aime. Celui-ci, décidément, appartient à la seconde catégorie.


Bonjour Banane