Bonjour Banane

Banane en Ville

Une banane rêve d’évasion, perchée sur un muret, spectatrice des balades, elle sourit sous les fleurs et les rires humains.

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Prévenez les musées : il va falloir faire de la place. Résumé en une phrase, histoire de prévenir : « Une banane rêve d’évasion, perchée sur un muret, spectatrice des balades, elle sourit sous les fleurs et les rires humains. » Tout, dans ce cadre, pousse le bouchon un peu plus loin.

Le décor, lui, en fait des tonnes, comme s’il avait quelque chose à prouver. Chaque élément semble dire : regardez, moi aussi j’ai droit à ma minute de gloire. Résultat : une scène où tout le monde surjoue, fruit compris, et où l’on ne sait plus trop s’il faut applaudir ou rire.

Il faut reconnaître à la scène un sens consommé du spectacle. Rien n’est laissé au hasard, pas même l’absurde, qui est ici parfaitement dosé. On frôle le ridicule, on l’évite d’un cheveu, et c’est dans ce frisson que tout le plaisir se joue.

Essayons de garder notre sérieux, ce qui, avouons-le, relève ici de l’exploit. Car plus on regarde la scène, plus on sent monter cette petite voix intérieure qui chuchote : « tout ça pour une banane ? ». Et la réponse, magnifiquement, est oui. Oui, tout ça pour une banane. Le cadrage héroïque, l’éclairage de cathédrale, la gravité de l’ensemble : rien ne lui sera épargné. Le fruit, fidèle à lui-même, encaisse la gloire sans broncher, avec ce flegme particulier des stars qui savent que, de toute façon, demain un autre fruit prendra leur place.

À demain pour une nouvelle banane. Promis, elle sera encore plus inattendue. Ou pas. Avec elles, on ne sait jamais.


Bonjour Banane