Bonjour Banane

Banane de Nuit

Dans le creux des rêves, une banane dorée se prélasse, sidérant le sommeil, douce étoile d'un univers de feutre et de lumière.

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Il y a, dans cette image, quelque chose qui ressemble à une déclaration. La légende se lit à voix basse : « Dans le creux des rêves, une banane dorée se prélasse, sidérant le sommeil, douce étoile d’un univers de feutre et de lumière. » Tout, dans ce cadre, parle le langage du cœur.

Il y a de la tendresse dans la façon dont la lumière enlace le fruit. Elle ne l’éclaire pas, elle le caresse ; elle ne le montre pas, elle le confie. On a l’impression d’assister à un moment qui ne nous était pas destiné, et c’est cela, justement, qui le rend si beau.

Deux présences semblent se répondre dans l’image, même quand il n’y en a qu’une. C’est la magie des grandes histoires : on y est toujours deux, ne serait-ce qu’avec soi-même. Le fruit regarde quelque chose que l’on ne voit pas, et l’on devine que ce quelque chose lui manque.

On pourrait rester longtemps devant cette scène, comme on reste devant quelqu’un qu’on aime sans trouver les mots. Il y a dans ce jaune une chaleur de peau, une promesse de présence, quelque chose qui console sans qu’on sache de quoi. Le décor, lui, s’efface par délicatesse, comme un ami qui sent qu’il doit laisser la place. Et dans ce retrait pudique de tout ce qui n’est pas essentiel, il ne reste bientôt que le fruit et l’émotion, face à face, dans la lumière tiède d’un soir qu’on voudrait éternel.

Peut-être n’est-ce qu’une banane. Mais ce soir, c’est la plus tendre chose du monde, et cela suffit amplement.


Bonjour Banane