Bonjour Banane

Banane oubliée

Au cœur de la forêt, une banane errante s’est perdu, couronnée de fleurs, acteur comique d’un drame végétal sous le regard complice des ombres.

0 / 5. 0


Certaines scènes ne demandent qu’une chose : qu’on les aime en retour. La légende se lit à voix basse : « Au cœur de la forêt, une banane errante s’est perdu, couronnée de fleurs, acteur comique d’un drame végétal sous le regard complice des ombres. » Ce que l’on ressent dépasse de loin ce que l’on voit.

Il flotte un parfum d’ailleurs dans cette composition, celui des promesses faites à voix basse. On y lit l’envie d’un départ et la peur d’un adieu, mêlées comme elles le sont toujours quand on aime vraiment. Le fruit, lui, reste : fidèle, patient, doré.

Il y a de la tendresse dans la façon dont la lumière enlace le fruit. Elle ne l’éclaire pas, elle le caresse ; elle ne le montre pas, elle le confie. On a l’impression d’assister à un moment qui ne nous était pas destiné, et c’est cela, justement, qui le rend si beau.

La douceur de la composition tient à peu de choses, et c’est ce peu qui bouleverse. Une courbe qui rime avec une autre, un reflet qui répond à une lueur, une distance juste assez grande pour que naisse le désir de la combler. On reconnaît là la grammaire silencieuse des amours véritables, celles qui ne se déclarent pas mais se devinent, celles qui tiennent dans un geste suspendu, dans une main qui n’ose pas encore, dans un regard qui en dit déjà trop et pas assez. L’image, pudique, ne montre que cela, et c’est largement suffisant.

On s’en va le cœur un peu plus léger, en se promettant de revenir. Les images, comme les amours, aiment qu’on leur soit fidèle.


Bonjour Banane