Bonjour Banane

Banane au crépuscule

Une banane éclatante, joyau insolite d’un monde désert, danse sur les cendres, défiant l'ombre d’une ville oubliée. La douceur persiste.

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On dit que les fruits n’ont pas de cœur. Cette image prouve le contraire. Et puis il y a cette phrase, douce comme un aveu : « Une banane éclatante, joyau insolite d’un monde désert, danse sur les cendres, défiant l’ombre d’une ville oubliée. La douceur persiste. » Ce que l’on ressent dépasse de loin ce que l’on voit.

Il flotte un parfum d’ailleurs dans cette composition, celui des promesses faites à voix basse. On y lit l’envie d’un départ et la peur d’un adieu, mêlées comme elles le sont toujours quand on aime vraiment. Le fruit, lui, reste : fidèle, patient, doré.

Le jaune, soudain, devient une couleur qui tient chaud. Il se pose sur la scène comme une main sur une épaule, discrètement, sans rien demander. Autour, tout s’adoucit : les angles s’arrondissent, les ombres se font duvet, et l’on jurerait que l’air lui-même a baissé d’un ton pour ne pas déranger.

Il faut imaginer la scène comme un rendez-vous que personne n’a osé annuler. Tout y est prêt, tout y attend : la lumière a mis sa plus belle robe, l’ombre s’est faite discrète, et le fruit, au centre, retient son souffle. On devine une histoire avant l’image et une autre après, et l’instant capturé n’est que le pont fragile entre les deux, ce moment suspendu où l’on ne sait pas encore si l’autre viendra, mais où l’on espère de toutes ses forces, et où cette espérance, à elle seule, suffit déjà à rendre le monde plus beau.

Il y a des fruits qu’on mange et des fruits qu’on aime. Celui-ci, décidément, appartient à la seconde catégorie.


Bonjour Banane