Bonjour Banane

Banane en Balade

Sous les feux des arbres dansants, une banane fatiguée rêve de jungles dorées, sacrifiée sur le chemin des aventuriers égarés.

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Prévenez les musées : il va falloir faire de la place. La légende officielle, tenez-vous bien, c’est : « Sous les feux des arbres dansants, une banane fatiguée rêve de jungles dorées, sacrifiée sur le chemin des aventuriers égarés. » Tout, dans ce cadre, pousse le bouchon un peu plus loin.

Entendons-nous bien : c’est une banane. Un fruit mou, jaune, que l’on épluche d’une main en pensant à autre chose. Et pourtant, la voilà promue vedette, éclairée comme une star, cadrée comme un chef-d’œuvre. La modestie n’étouffe personne, et surtout pas elle.

Le décor, lui, en fait des tonnes, comme s’il avait quelque chose à prouver. Chaque élément semble dire : regardez, moi aussi j’ai droit à ma minute de gloire. Résultat : une scène où tout le monde surjoue, fruit compris, et où l’on ne sait plus trop s’il faut applaudir ou rire.

Essayons de garder notre sérieux, ce qui, avouons-le, relève ici de l’exploit. Car plus on regarde la scène, plus on sent monter cette petite voix intérieure qui chuchote : « tout ça pour une banane ? ». Et la réponse, magnifiquement, est oui. Oui, tout ça pour une banane. Le cadrage héroïque, l’éclairage de cathédrale, la gravité de l’ensemble : rien ne lui sera épargné. Le fruit, fidèle à lui-même, encaisse la gloire sans broncher, avec ce flegme particulier des stars qui savent que, de toute façon, demain un autre fruit prendra leur place.

La rédaction, elle, retourne à sa propre banane de bureau, nettement moins photogénique, mais tout aussi digne.


Bonjour Banane