Bonjour Banane

Anomalie Urbaine

Une banane solennelle en plein chaos, témoigne d'un monde où le ridicule danse avec l'ombre des robots en veillée. Étrange sérénité.

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Prévenez les musées : il va falloir faire de la place. Et ce n’est pas nous qui le disons, c’est la légende : « Une banane solennelle en plein chaos, témoigne d’un monde où le ridicule danse avec l’ombre des robots en veillée. Étrange sérénité. » Tout, dans ce cadre, pousse le bouchon un peu plus loin.

Il faut reconnaître à la scène un sens consommé du spectacle. Rien n’est laissé au hasard, pas même l’absurde, qui est ici parfaitement dosé. On frôle le ridicule, on l’évite d’un cheveu, et c’est dans ce frisson que tout le plaisir se joue.

À ce niveau de solennité, on attend presque un discours. « Mes chers concitoyens fruits… » La banane, elle, garde le silence, ce qui est encore la meilleure des répliques. Un fruit qui se tait avec cette assurance, cela ne s’invente pas.

Il faut saluer, au passage, le culot de la mise en scène. Là où un fruit raisonnable se serait contenté de poser sagement dans une corbeille, celui-ci a visiblement exigé un décor, une ambiance, un propos. On imagine les négociations : la banane réclamant sa loge, son éclairage personnel, une clause interdisant tout voisinage avec une pomme. Le résultat a cette démesure réjouissante des projets qui auraient dû être recadrés très tôt et que, par chance, personne n’a eu le courage d’arrêter. Tant mieux pour nous.

La rédaction, elle, retourne à sa propre banane de bureau, nettement moins photogénique, mais tout aussi digne.


Bonjour Banane