Bonjour Banane

Banane sur les genoux

Sous un ciel azur, une banane se prélasse sur un trône de cuir, témoin silencieux des rivières dorées dansent au gré du vent.

3 / 5. 1


Prévenez les musées : il va falloir faire de la place. Et ce n’est pas nous qui le disons, c’est la légende : « Sous un ciel azur, une banane se prélasse sur un trône de cuir, témoin silencieux des rivières dorées dansent au gré du vent. » Ce que l’image donne à voir dépasse — et de loin — le cahier des charges d’un fruit.

Quelque part, un critique d’art fronce les sourcils. Quelque part, un enfant éclate de rire. Les deux ont raison, et c’est tout l’intérêt : cette image refuse de choisir entre le sérieux et la farce, et elle a bien raison de ne pas choisir.

À ce niveau de solennité, on attend presque un discours. « Mes chers concitoyens fruits… » La banane, elle, garde le silence, ce qui est encore la meilleure des répliques. Un fruit qui se tait avec cette assurance, cela ne s’invente pas.

Il faut saluer, au passage, le culot de la mise en scène. Là où un fruit raisonnable se serait contenté de poser sagement dans une corbeille, celui-ci a visiblement exigé un décor, une ambiance, un propos. On imagine les négociations : la banane réclamant sa loge, son éclairage personnel, une clause interdisant tout voisinage avec une pomme. Le résultat a cette démesure réjouissante des projets qui auraient dû être recadrés très tôt et que, par chance, personne n’a eu le courage d’arrêter. Tant mieux pour nous.

Moralité : ne sous-estimez jamais une banane. Elle en a vu d’autres, et elle compte bien vous le faire savoir.


Bonjour Banane