Bonjour Banane

Amour Sous-Marin

Au fond des mers, une banane rigolote dialogue avec un hippocampe perplexe, entre coraux colorés, ballet des rêves aquatiques.

2 / 5. 1


Il y a, dans cette image, quelque chose qui ressemble à une déclaration. On la relit comme on relit une lettre : « Au fond des mers, une banane rigolote dialogue avec un hippocampe perplexe, entre coraux colorés, ballet des rêves aquatiques. » Tout, dans ce cadre, parle le langage du cœur.

Il flotte un parfum d’ailleurs dans cette composition, celui des promesses faites à voix basse. On y lit l’envie d’un départ et la peur d’un adieu, mêlées comme elles le sont toujours quand on aime vraiment. Le fruit, lui, reste : fidèle, patient, doré.

Il y a de la tendresse dans la façon dont la lumière enlace le fruit. Elle ne l’éclaire pas, elle le caresse ; elle ne le montre pas, elle le confie. On a l’impression d’assister à un moment qui ne nous était pas destiné, et c’est cela, justement, qui le rend si beau.

Il faut imaginer la scène comme un rendez-vous que personne n’a osé annuler. Tout y est prêt, tout y attend : la lumière a mis sa plus belle robe, l’ombre s’est faite discrète, et le fruit, au centre, retient son souffle. On devine une histoire avant l’image et une autre après, et l’instant capturé n’est que le pont fragile entre les deux, ce moment suspendu où l’on ne sait pas encore si l’autre viendra, mais où l’on espère de toutes ses forces, et où cette espérance, à elle seule, suffit déjà à rendre le monde plus beau.

On referme l’image à regret, comme on quitte quelqu’un sur un quai. Et longtemps, on sentira encore la chaleur de ce jaune contre soi.


Bonjour Banane