Bonjour Banane

Banane en Étrangeté

Sous les néons d'un monde en noir et blanc, une banane rêve d'aventure, éclat de soleil perdu parmi les voyageurs pressés.

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Avant les mots, il y a le silence de l’image. Et dans ce silence, une banane. La légende, elle, tient en une ligne, et cette ligne suffit : « Sous les néons d’un monde en noir et blanc, une banane rêve d’aventure, éclat de soleil perdu parmi les voyageurs pressés. » La banane, ici, n’est qu’un prétexte, un seuil.

La solitude du fruit n’a rien de triste : elle a la dignité des choses qui se suffisent. Autour, le vide fait office de cadre, et ce vide, loin d’écraser, élève. On comprend que la banane n’attend personne ; elle est déjà au rendez-vous d’elle-même.

On pourrait parler de nature morte, mais ce serait mentir : ici, tout respire. Le fruit, l’air, la lumière, l’ombre elle-même ont une pulsation lente. C’est une nature vivante qui joue à faire semblant d’être immobile, et qui n’y parvient pas tout à fait.

Prenez le temps de laisser l’œil errer d’un bord à l’autre du cadre. Vous verrez d’abord le fruit, puis l’espace qui l’entoure, puis l’espace entre les choses, et c’est souvent là, dans ces intervalles que personne ne regarde, que l’image cache ses secrets. Le vide n’y est jamais vraiment vide : il est habité d’attente, de lumière retenue, de silences qui ont une forme. On dirait que la banane a été posée là non pour être vue, mais pour apprendre à regarder le reste, pour servir de point fixe à un monde qui, autour d’elle, continue doucement de rêver.

Il ne reste bientôt plus que la lumière, et le souvenir d’un fruit qui savait, mieux que nous, ce que veut dire être là.


Bonjour Banane