Bonjour Banane

Banane au crépuscule : une danse d’automne

Un festin automnal où les bananes et les courges flirtent sur tartan, les montagnes en spectatrices, bercées par l’éclat candide des lanternes en soirée.

4 / 5. 1


On croit d’abord voir un fruit. On finit par voir un monde. La légende, elle, tient en une ligne, et cette ligne suffit : « Un festin automnal où les bananes et les courges flirtent sur tartan, les montagnes en spectatrices, bercées par l’éclat candide des lanternes en soirée. » La banane, ici, n’est qu’un prétexte, un seuil.

Il y a dans cette composition une patience de vieille pierre. Le temps semble s’être assis là, en silence, pour regarder le fruit comme on regarde une braise. Chaque détail paraît avoir attendu des siècles son instant, et cet instant, c’est maintenant, dans la lumière basse d’une fin de jour qui ne finit jamais.

Le jaune n’est plus une couleur, c’est un état d’âme. Il flotte, il doute, il espère. Autour de lui, le décor se dissout en nuances incertaines, comme si le réel hésitait à se tenir droit. Rien n’est tout à fait solide, rien n’est tout à fait rêve ; l’image habite cet entre-deux où les choses se souviennent d’avoir été vivantes.

Il y a, dans la manière dont la scène tient ensemble, une science discrète de l’équilibre. Rien ne pèse, rien ne tombe, tout flotte dans une apesanteur du sentiment. On pense à ces rêves où l’on avance sans effort, où les lois habituelles se desserrent, où un fruit peut devenir un astre et une ombre un océan. L’image ne demande pas qu’on y croie ; elle demande seulement qu’on la laisse exister, le temps d’un regard, comme on laisse exister une mélodie entendue dans une rue et qu’on ne retrouvera jamais.

À la fin, on ne garde pas une image : on garde un silence. Et ce silence, longtemps après, continue de jaunir doucement au fond de la mémoire.


Bonjour Banane

septembre 2024
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