Bonjour Banane

Refuge ensoleillé au cœur des merveilles

Refuge douillet cocooné de verdure, où le Grand Canyon s’invite dans l’écrin d’une fenêtre, taquinant le regard fureteur parmi objets de caractère et délices de lecture.

5 / 5. 1


Certaines scènes ne demandent qu’une chose : qu’on les aime en retour. Et puis il y a cette phrase, douce comme un aveu : « Refuge douillet cocooné de verdure, où le Grand Canyon s’invite dans l’écrin d’une fenêtre, taquinant le regard fureteur parmi objets de caractère et délices de lecture. » Ce que l’on ressent dépasse de loin ce que l’on voit.

Chaque détail semble avoir été posé là par une main amoureuse, soucieuse de ne froisser ni la lumière ni le silence. On devine une intention tendre derrière le cadrage, comme une table dressée pour quelqu’un qui va venir.

La scène a la lenteur des soirs où l’on ne veut pas que la nuit tombe. Tout y est retenu, suspendu, comme un je t’aime qu’on garde encore un peu dans la bouche avant de le dire. La banane, au centre, joue le rôle du cœur : elle bat sans bruit, mais elle bat.

On pourrait rester longtemps devant cette scène, comme on reste devant quelqu’un qu’on aime sans trouver les mots. Il y a dans ce jaune une chaleur de peau, une promesse de présence, quelque chose qui console sans qu’on sache de quoi. Le décor, lui, s’efface par délicatesse, comme un ami qui sent qu’il doit laisser la place. Et dans ce retrait pudique de tout ce qui n’est pas essentiel, il ne reste bientôt que le fruit et l’émotion, face à face, dans la lumière tiède d’un soir qu’on voudrait éternel.

On s’en va le cœur un peu plus léger, en se promettant de revenir. Les images, comme les amours, aiment qu’on leur soit fidèle.


Bonjour Banane