Bonjour Banane

Banane et Taj Mahal : Rêve d’un Monde Inattendu

Un cocon douillet où le Taj Mahal fricote avec les étoiles, un canapé s’ennuie et une banane timide éclipse l’art des murs.

4 / 5. 1


Avant les mots, il y a le silence de l’image. Et dans ce silence, une banane. Si l’image avait une voix, elle dirait ceci : « Un cocon douillet où le Taj Mahal fricote avec les étoiles, un canapé s’ennuie et une banane timide éclipse l’art des murs. » La banane, ici, n’est qu’un prétexte, un seuil.

Le jaune n’est plus une couleur, c’est un état d’âme. Il flotte, il doute, il espère. Autour de lui, le décor se dissout en nuances incertaines, comme si le réel hésitait à se tenir droit. Rien n’est tout à fait solide, rien n’est tout à fait rêve ; l’image habite cet entre-deux où les choses se souviennent d’avoir été vivantes.

La couleur se fait musique, et le silence, partition. On n’entend rien, et pourtant quelque chose résonne, une note tenue trop longtemps pour être tout à fait rassurante. C’est le genre d’image qui s’écoute autant qu’elle se regarde.

Ce qui frappe, à la longue, c’est la tendresse de la lumière pour son sujet. Elle ne cherche pas à flatter ; elle cherche à comprendre. Elle épouse les courbes, s’attarde aux creux, respecte les ombres comme on respecte un silence pendant une confidence. Sous cet éclairage, le fruit le plus banal du monde acquiert une gravité d’icône, et l’on se surprend à lui prêter une pensée, un passé, peut-être même une forme de patience face à tout ce qui, autour de lui, s’agite et s’efface.

À la fin, on ne garde pas une image : on garde un silence. Et ce silence, longtemps après, continue de jaunir doucement au fond de la mémoire.


Bonjour Banane