Bonjour Banane

Banane au cœur de l’automne synthétique

Un festin futuriste s’illumine, agrippé par l’automne, une piste orange émaillée de feuilles, tournesols et citrouilles. Brace-toi, Banane, tu es la star !

3 / 5. 1


Attention, image sérieuse. Enfin, presque. La légende officielle, tenez-vous bien, c’est : « Un festin futuriste s’illumine, agrippé par l’automne, une piste orange émaillée de feuilles, tournesols et citrouilles. Brace-toi, Banane, tu es la star !. » Tout, dans ce cadre, pousse le bouchon un peu plus loin.

On imagine volontiers les coulisses : la banane qui répète son texte, la lumière qui boude parce qu’elle voulait un melon, le fond qui improvise. Le génie de l’image, c’est de prendre tout cela très au sérieux, ce qui est évidemment la façon la plus sûre de nous faire sourire.

On cherche le second degré, et on le trouve ; puis on cherche le premier, et il est là aussi, bien planqué sous la pelure. C’est une banane à tiroirs, et chaque tiroir contient une blague un peu plus fine que la précédente.

Soyons justes : sous la couche de dérision, il y a un vrai savoir-faire, et c’est bien ça le plus drôle. Car il aurait été facile de bâcler l’absurde ; or ici, l’absurde est soigné, peigné, verni. Chaque détail ridicule a été pensé, pesé, assumé. C’est un sérieux appliqué à une bêtise majestueuse, et cette rencontre improbable produit exactement l’effet recherché : on sourit d’abord, on admire ensuite, et on finit par se demander, un peu inquiet, si la banane n’aurait pas raison depuis le début.

La rédaction, elle, retourne à sa propre banane de bureau, nettement moins photogénique, mais tout aussi digne.


Bonjour Banane