Bonjour Banane

Banane Éthérée dans un Refuge Littéraire

Un salon où les canapés mauves côtoient une banane disco volante, sous une pluie de conte de fées, orchestrée par l’éclairage éclatant des bougies.

2.5 / 5. 2


La lumière, ici, ne se contente pas d’éclairer : elle médite. Tout est déjà dit dans cette phrase que l’image murmure : « Un salon où les canapés mauves côtoient une banane disco volante, sous une pluie de conte de fées, orchestrée par l’éclairage éclatant des bougies. » La banane, ici, n’est qu’un prétexte, un seuil.

Le jaune n’est plus une couleur, c’est un état d’âme. Il flotte, il doute, il espère. Autour de lui, le décor se dissout en nuances incertaines, comme si le réel hésitait à se tenir droit. Rien n’est tout à fait solide, rien n’est tout à fait rêve ; l’image habite cet entre-deux où les choses se souviennent d’avoir été vivantes.

La couleur se fait musique, et le silence, partition. On n’entend rien, et pourtant quelque chose résonne, une note tenue trop longtemps pour être tout à fait rassurante. C’est le genre d’image qui s’écoute autant qu’elle se regarde.

Il y a, dans la manière dont la scène tient ensemble, une science discrète de l’équilibre. Rien ne pèse, rien ne tombe, tout flotte dans une apesanteur du sentiment. On pense à ces rêves où l’on avance sans effort, où les lois habituelles se desserrent, où un fruit peut devenir un astre et une ombre un océan. L’image ne demande pas qu’on y croie ; elle demande seulement qu’on la laisse exister, le temps d’un regard, comme on laisse exister une mélodie entendue dans une rue et qu’on ne retrouvera jamais.

Demain, une autre image prendra sa place. Mais celle-ci, discrètement, aura laissé une empreinte, comme un parfum sur un vêtement rangé.


Bonjour Banane