Prévenez les musées : il va falloir faire de la place. La légende officielle, tenez-vous bien, c’est : « Un spectacle d’automne sous une lune complice, où une banane, star improbable, brille parmi les feux des citrouilles, dans l’antre douillet d’une ferme enchantée. » La banane, ici, a clairement décidé de ne pas rester à sa place.
On cherche le second degré, et on le trouve ; puis on cherche le premier, et il est là aussi, bien planqué sous la pelure. C’est une banane à tiroirs, et chaque tiroir contient une blague un peu plus fine que la précédente.
On imagine volontiers les coulisses : la banane qui répète son texte, la lumière qui boude parce qu’elle voulait un melon, le fond qui improvise. Le génie de l’image, c’est de prendre tout cela très au sérieux, ce qui est évidemment la façon la plus sûre de nous faire sourire.
Il faut saluer, au passage, le culot de la mise en scène. Là où un fruit raisonnable se serait contenté de poser sagement dans une corbeille, celui-ci a visiblement exigé un décor, une ambiance, un propos. On imagine les négociations : la banane réclamant sa loge, son éclairage personnel, une clause interdisant tout voisinage avec une pomme. Le résultat a cette démesure réjouissante des projets qui auraient dû être recadrés très tôt et que, par chance, personne n’a eu le courage d’arrêter. Tant mieux pour nous.
À demain pour une nouvelle banane. Promis, elle sera encore plus inattendue. Ou pas. Avec elles, on ne sait jamais.

